L'ossature de la formation
Le plan complet, avant l'achat : 10 semaines réparties en 3 blocs, les 8 phases d'un projet logiciel, les 9 rôles à tenir et les 28 critères durs qui arrêtent un chantier tant qu'ils sont rouges.
Trois manières de suivre le programme
Le programme est le même pour tous. Ce qui change, c’est à qui vous devez des comptes — et c’est cela, et rien d’autre, qui commande le niveau de preuve exigé à chaque porte.
Pour vous-même
Vous portez un projet et vous le construisez sans embaucher une équipe.
Redevable. À vous-même, et à vos futurs utilisateurs. Personne ne vous rappellera à l’ordre : la discipline doit venir de la méthode.
Dans votre organisation
Votre employeur adopte les agents de codage et vous refusez de valider sans comprendre.
Redevable. À un décideur qui signe, à des collègues qui hériteront du code, et à un service qui devra l’exploiter après vous.
Pour des clients
Vous montez un studio qui livre des sites, des applications ou du logiciel à des tiers.
Redevable. À un client qui paie et qui peut vous poursuivre. Chaque promesse devient une obligation contractuelle, et chaque document une pièce opposable.
Les 10 semaines, et les 3 portes qui les ferment
Une porte n’est pas une relecture. Ses critères sont connus d’avance, ils se constatent par un fait et non par une impression, et un critère rouge arrête le passage au bloc suivant.
Bloc 1
S1. Ce qu’est un logiciel
Situer n’importe quelle question dans les trois couches, et distinguer les environnements.
Livrable. Une carte en une page : les trois couches, et le trajet d’une action de bout en bout.
S2. Où vivent les données
Lire un modèle de données, repérer une clé, un index manquant, une contrainte absente.
Livrable. Le modèle de données, avec les durées de conservation.
S3. Lire du code sans savoir l’écrire
Lire une différence, repérer un signe d’alerte, cartographier un projet inconnu.
Livrable. Une revue écrite : fichiers touchés, signes repérés, questions posées.
Porte du bloc 1 — lire un système
- La carte d’une application réelle existe, et un tiers y retrouve le trajet d’une action
- Le modèle de données du projet est écrit, avec les durées de conservation
- Une revue de différence est produite, citant au moins deux signes d’alerte avec leur emplacement
Bloc 2
S4. Cadrer et spécifier
Transformer une envie en problème mesurable, puis en exigences qu’un agent ne peut pas mal interpréter.
Livrable. Note de cadrage et dossier d’exigences, hors-périmètre compris.
S5. Monter le socle
Préparer un chantier qui ne perd pas de travail : dépôt, environnements, secrets, chaîne verte.
Livrable. Dépôt, environnements séparés, chaîne d’intégration verte, premier test.
S6. Concevoir, et choisir sa technologie
Arrêter une architecture motivée, et refuser à l’agent le droit de choisir la pile.
Livrable. Dossier d’architecture, traduction technique de la spécification, maquette de l’écran principal, registre des décisions avec le coût de sortie, modèle de menaces.
Porte du bloc 2 — travailler comme un professionnel
- Le dossier d’exigences ne contient aucune exigence sans critère vérifiable
- L’état « en panne » est spécifié pour chaque écran
- La chaîne d’intégration est verte, et aucun secret n’est présent dans l’historique
- Chaque choix technologique porte sa raison, son alternative écartée et son coût de sortie
- La spécification fonctionnelle et sa traduction technique sont déposées
- La maquette de l’écran principal est déposée
- Le plan de tests est déposé
- Le plan de déploiement est déposé, et son retour arrière a été exécuté une fois
Bloc 3
S7. Comment un agent fonctionne, et pourquoi il invente
Découper une spécification en incréments prouvables, et supprimer les vides d’un brief.
Livrable. La liste ordonnée des incréments, chacun avec sa preuve prévue.
S8. Briefer, exiger la preuve, refuser
Conduire un agent sur plusieurs incréments sans qu’il dérive, et refuser par écrit.
Livrable. Trois incréments prouvés et le journal de direction.
S9. Vérifier ce qu’on ne sait pas écrire
Mener une recette adverse, provoquer la panne, et chercher les gardes sans jumeau.
Livrable. Dossier de recette, et rapport sur les gardes.
S10. Mettre en service, et vivre avec
Déployer, savoir revenir en arrière, être alerté, et tenir le produit dans la durée.
Livrable. Fonctionnalité en ligne, runbook, preuve de restauration, alerte active.
Porte du bloc 3 — diriger des agents
- Une fonctionnalité complète est en ligne, construite par incréments prouvés
- Chaque incrément porte un test qui échouait avant et passe après
- Aucun test existant n’a été modifié pour faire passer la chaîne
- Le journal de direction contient au moins un refus argumenté
- Une panne provoquée s’affiche comme une panne, jamais comme un vide ni un succès
- Un appel direct au serveur, sans passer par l’écran, est refusé
- Une sauvegarde a été restaurée, et le retour arrière essayé
Les 8 phases d’un projet logiciel
C’est l’ordre que suit une agence de développement, et celui que vous apprendrez à imposer à vos agents. Chaque phase répond à une question ; tant qu’elle n’y répond pas, elle n’est pas finie.
1. Cadrage — trouver le besoin réel
Quel problème résout-on, pour qui, et comment saura-t-on que c’est résolu ?
Porte. Porte de cadrage — 5 critères, dont 4 durs.
Le piège. Partir de la solution — « je veux une application » — au lieu du problème
2. Spécification — écrire ce qu’un agent ne peut pas mal interpréter
Que doit faire le produit, exactement, et comment saura-t-on que c’est fait ?
Porte. Porte de spécification — 4 critères, dont 3 durs.
Le piège. Écrire ce que le produit fait quand tout va bien, et rien d’autre
3. Conception — structure, données, technologie, menaces
Comment le système est-il organisé, et pourquoi ces choix plutôt que d’autres ?
Porte. Porte de conception — 4 critères, dont 4 durs.
Le piège. Laisser l’agent choisir la technologie : il prendra la plus représentée dans ses données, pas la plus adaptée
4. Préparation du chantier — le socle avant la première ligne
Le chantier est-il prêt à recevoir du travail sans en perdre ?
Porte. Porte de préparation — 3 critères, dont 3 durs.
Le piège. Commencer à construire « en attendant » de mettre en place la chaîne d’intégration
5. Construction dirigée — l’agent bâtit, vous exigez la preuve
Chaque incrément est-il démontré, ou seulement affirmé ?
Porte. Porte de construction — 4 critères, dont 4 durs.
Le piège. Demander une fonctionnalité entière en un seul brief, ce qui rend le refus impossible : on ne peut plus rien isoler
6. Vérification — la recette, la sécurité, la panne
Les critères écrits avant la construction sont-ils tous verts, y compris quand ça casse ?
Porte. Porte de vérification — 4 critères, dont 3 durs.
Le piège. Bâtir la recette sur ce que le produit fait, au lieu de ce qu’il devait faire
7. Mise en service — déployer, et pouvoir revenir en arrière
Peut-on mettre en ligne, surveiller, et défaire si nécessaire ?
Porte. Porte de mise en service — 4 critères, dont 4 durs.
Le piège. Mettre en ligne un vendredi
8. Exploitation — vivre avec le produit
Sait-on ce qui se passe, et que fait-on de ce qu’on apprend ?
Porte. Porte d’exploitation — 4 critères, dont 3 durs.
Le piège. Fermer un incident sur le symptôme sans chercher la cause
Les 9 rôles que vous apprendrez à distribuer
Dans une agence, ces rôles sont tenus par des personnes différentes. Sur votre chantier, la plupart se confient à un agent. Un seul ne se délègue jamais, et c’est celui que la formation vous apprend à tenir.
Directeur de chantierJamais délégué
C’est votre rôle, et le seul qui ne se délègue à aucun agent. Déléguer la vérification à une autre IA revient à faire corriger une copie par son auteur.
Analyste du besoin
Un agent rédige très bien des exigences à partir d’un entretien. Il ne peut pas conduire l’entretien à votre place : la matière vient de personnes réelles.
Architecte
Déléguable, à condition de fournir les contraintes. Sans elles, l’agent choisit ce qu’il connaît le mieux, pas ce dont le projet a besoin.
Concepteur des parcours et des écrans
L’état « en panne » est celui que tout le monde oublie, agents compris. Il s’exige explicitement.
Constructeur
C’est le rôle que tient l’agent la plupart du temps. Sa qualité dépend entièrement de la précision du brief qu’il reçoit.
Vérificateur
Déléguable à un agent DIFFÉRENT de celui qui a construit, et jamais à celui qui a écrit le code : on ne fait pas relire une copie par son auteur.
Spécialiste sécurité et vie privée
Le contrôle « garde applicative sans jumeau » est celui qui rattrape le plus de fautes graves. Il s’exige à chaque incrément qui touche à une permission.
Responsable de l’exploitation
La restauration non testée est une sauvegarde imaginaire. C’est le contrôle le plus souvent sauté, et le plus coûteux à sauter.
Rédacteur
Un projet dont la documentation est écrite à la fin n’a pas de documentation : il a un récit reconstitué.
Ces pages accompagnent la formation directeur de chantier logiciel. Dix semaines. Une session par semaine. Une mission par semaine. Un seul projet : le vôtre.